Le baitchai est une tradition unique au monde et typiquement franc-montagnarde. Il réunit principalement les hommes du village pendant toute la nuit du lundi au Mardi Gras lors du carnaval. Cette coutume avait pour but de faire fuir les mauvais esprits et l’hiver par la même occasion. Elle persiste depuis plusieurs siècles. Dans le patois jurassien, le mot « baitchai » signifie le son d’une cloche fêlée ou celui de verres brisés.
Cette tradition consiste à battre un rythme régulier et obsédant en faisant un maximum de bruit avec toutes sortes d’instruments (cornes, scies, tambours, grosses caisses, cymbales, etc.) et à se bourrer la gueule pendant toute la nuit… Je plaisante bien-sûr! Même si l’alcool coule largement pendant toute sa durée, cela reste une fête sous contrôle car il faut marcher toute la nuit (~ 20 km) pour mériter ses verres. Tous les participants sont habillés d’une chemise blanche pour prendre le départ à dix heures du soir, pour une longue nuit de débauche à travers la froideur de l’hiver du Mardi Gras. Pendant toute la durée de la nuit, les baitchaiteurs font le tour du village en faisant des arrêts réguliers dans les bistrots où chez certains habitants ou commerçants du village pour manger et boire ce qu’on leur sert. Cette tradition se poursuit jusqu’au lendemain midi et est reprise par les enfants jusqu’au soir.
Dans le baitchai de Saignelégier, seuls les hommes ont le droit de prendre le départ. Quelques villages, comme le Noirmont, Les Breuleux ou Les Pommerats, acceptent néanmoins la participation féminine.
